Colloque FNO / Ethique à Lille le 8 juin 2012

11h15 – 11h45 > Eric Delassus : Éducation thérapeutique et liberté du malade.

Programme complet du colloque.

Université Populaire et Citoyenne de Roubaix – Comment mieux vivre la maladie ?

« Comment mieux vivre la maladie ? »

le lundi 14 mai 2012 à 19h00
COMMENT MIEUX VIVRE LA MALADIE ?
à l’Amphi IFSI de l’Hospice Barbieux – 37 rue de Barbieux à Roubaix – Métro Epeule Montesquieu – Entrée libre

Bien vivre son mal – La philosophie au secours de la médecine

De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicaleRecension sur le cite de la vie des idées.

Peut-on tout échanger? – Le corps humain comme objet de transaction – Réflexion sur le don et le commerce des organes

L’interdiction du commerce des organes est parfois remise en cause par les partisans d’un libéralisme prétendant que la liberté de disposer de sa personne et de son corps ne peut être limitée. Cependant la question se pose de savoir si l’on peut encore parler de liberté en ce domaine. N’y a t-il pas une contradiction dans les termes à remettre ainsi en cause la distinction entre les choses et les personnes sur laquelle reposent les lois concernant le don et le commerce de tout ou partie du corps humain ? Si tout ne peut faire l’objet d’un échange de type économique, n’est-ce pas pour rendre possible le don et le partage qui constituent des manifestations, parmi les plus hautes, de la liberté humaine ?

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La spécificité de la décision médicale

Intervention auprès d’étudiantes de seconde année d’École d’Infirmières effectuée à Bourges le 08/07/2011
Résumé

Ce qui fait la spécificité de la décision médicale consiste non seulement dans le fait qu’elle est décision pour autrui, mais également en ce qu’elle doit être prise de manière collégiale et partagée en faisant intervenir toutes les personnes concernées. Cette décision doit le plus souvent se prendre rapidement, ce qui réduit considérablement le temps de la délibération préalable. Il est donc indispensable que les médecins et les soignants qui y participent constituent une « base de données » de l’ensemble de leurs décisions antérieures afin de nourrir à leur sujet une réflexion susceptible d’éclairer leurs décisions à venir, principalement dans le but de ne pas se laisser emporter par leurs émotions lorsqu’ils se trouvent dans une situation d’urgence.


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Penser le corps malade : Spinoza et l’éthique médicale.

Intervention lors de la journée du 18 juin 2011 (Spinoza : la raison à l’épreuve de la pratique) : Journée d’Etudes organisée par Vicente Cortés et Sophie Laveran, Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne.


Texte publié sur le site de l’Association des Amis de Spinoza.

 

Refus de traitement : aider le malade à mieux se comprendre

Le refus de traitement de la part du malade peut confronter les soignants à un dilemme apparemment insoluble opposant principe d’autonomie et principe de bienfaisance. Le souci de respecter la liberté du malade pourrait conduire à abandonner ce dernier à son triste sort tandis que la volonté de lui venir en aide pourrait avoir pour conséquence de le soigner contre son gré. Pour sortir de cette insupportable tension, il apparaît nécessaire d’adopter une démarche compréhensive. S’efforcer de cerner avec le malade les raisons qui déterminent son attitude peut aider ce dernier à effectuer un choix réellement éclairé et peut-être à réorienter sa décision. Il convient cependant de prendre garde à ce que cet accompagnement du malade ne se transforme pas en harcèlement dans le but de le faire changer d’avis à tout prix. Le soignant doit aussi apprendre à accepter de l’autre le refus du bien qu’il veut lui faire.


Article publié dans la revue ÉTHIQUE ET SANTÉ, Volume 8, numéro 2, pages 101-105 (juin 2011)

 

Spinoza : la raison à l’épreuve de la pratique

samedi 18 juin 2011

Journée d’études organisée par Vicente Cortés et Sophie Laveran

Université Paris 1

17, rue de la Sorbonne ; salle Cavaillès, esc. C, 1er étage

 

Matinée : questions de méthode

9h30 – 9h40. Introduction (Sophie Laveran, Université Paris 1)

9h40 – 10h30.  Andrea Sangiacomo : Débat sur la méthode : des différents usages de l’expérience selon Boyle et Spinoza.

10h30 – 11h20. Luis Placencia : Spinoza’s rationalism and the method of biblical interpretation.

11h30 – 12h20. Vicente Cortés : Expérience politique et scientificité dans le Traité politique.

 

Après-midi : l’épreuve de la pratique

14h30 – 15h20. Paolo Cristofolini : Sur le rôle du troisième genre de connaissance dans la philosophie politique spinozienne.

15h20 – 16h10. Nicolas Bouteloup : L’actualité de l’acte libre : l’éternité à l’épreuve de la durée.

16h20 – 17h10. Eric Delassus : Penser le corps malade : Spinoza et l’éthique médicale.

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http://www.spinozaeopera.net/article-spinoza-la-raison-a-l-epreuve-de-la-pratique-75485927.html

Mortalité et éternel retour

Lorsque Spinoza affirme que la philosophie est une méditation de la vie et non de la mort, il ne s’agit en rien d’un déni de la mortalité, mais de l’affirmation de l’impossibilité de penser la mort et du refus d’en faire une réalité positive qui donnerait sens à la vie. Cette pensée n’entre cependant pas en contradiction avec l’idée selon laquelle la condition mortelle de l’homme et la conscience qu’il en a contribue à donner sa valeur à la vie. Ici la pensée de Spinoza rejoint celle de Nietzsche qui affirme que l’homme libre est celui qui est disposé à revivre éternellement cette vie en acceptant toute sa dimension tragique et donc en assumant pleinement sa mortalité.

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Conférence le 25 juin à 17 h00 dans l’amphithéâtre de la chapelle du lycée Jacques Cœur de Bourges

Éric Delassus présentera sa thèse de doctorat sur les apports de l’éthique de Spinoza à l’éthique médicale publiée aux Presses Universitaires de Rennes sous le titre :

De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale.

 

De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale

J’ai la grande joie de vous annoncer la parution ce jour (24/03/2011) de mon livre De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale (préface de Jacqueline Lagrée) aux Presses Universitaires de Rennes. J’ai tenté dans cet ouvrage de recourir à la philosophie de Spinoza pour penser la maladie et les voies permettant de la vivre sans ajouter une souffrance inutile aux tourments qu’elle impose. Cette réflexion s’enracine dans la thèse spinoziste selon laquelle l’Esprit est « l’idée du corps » et s’interroge sur ce que peut bien être l’idée d’un corps malade. Elle s’efforce de proposer aux malades et aux soignants des pistes pour mieux vivre la maladie et mieux accompagner les patients.


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Par réalité et perfection, j’entends la même chose.

Le drame qui se déroule aujourd’hui dans l’archipel nippon, ne peut que nous faire penser au poème rédigé par Voltaire pour s’opposer aux partisans d’une théodicée jugeant que tout ce qui se produit dans la nature obéit à un plan divin et que les pires maux visent finalement toujours un bien dont ne saisissons pas les justifications.

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La mort donne-t-elle un sens à la vie ?

Si beaucoup d’entre nous nourrissent des fantasmes d’immortalité, il n’est pas certain qu’ils aient réellement réfléchie aux conséquences que pourraient avoir pour eux une vie aussi interminable qu’une journée qui ne trouverait pas sa conclusion dans le sommeil, cette petite mort qui vient clore chacun des jours de notre vie.

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Comprendre le refus de soin de la part du malade

Intervention lors d’une journée de formation au C.H.R. de Bourges le 13/12/2010.

Résumé

Le refus de soin de la part du malade peut confronter les soignants à un dilemme apparemment insoluble opposant principe d’autonomie et principe de bienfaisance. Le souci de respecter la liberté du malade pourrait conduire à abandonner ce dernier à son triste sort tandis que la volonté de lui venir en aide pourrait avoir pour conséquence de le soigner contre son gré. Pour sortir de cette insupportable tension, il apparaît nécessaire d’adopter une démarche compréhensive. S’efforcer de comprendre avec le malade les raisons qui déterminent son attitude peut aider ce dernier à effectuer un choix réellement éclairé et peut-être à réorienter sa décision. Il convient cependant de prendre garde à ce que cet accompagnement du malade ne se transforme pas en harcèlement dans le but de le faire changer d’avis à tout prix. Le soignant doit aussi apprendre à accepter de l’autre le refus du bien qu’il veut lui faire.

Mots clés : autonomie, bienfaisance, décision du patient, droit des malades, refus de soin.

Citations et références au format pdf.

La notion de personne dans l’éthique de Spinoza

S’il peut sembler surprenant de s’interroger sur le sens à donner à la notion de personne dans une philosophie comme celle de Spinoza, c’est que nous sommes accoutumés à envisager cette notion uniquement en terme de Substance. En conséquence un monisme comme celui de Spinoza qui ne conçoit l’homme que comme un mode de la substance ne pourrait d’aucune manière intégrer une telle notion.
Cependant si l’on y regarde d’un peu plus près, la philosophie de Spinoza, qui se présente avant tout comme une éthique, c’est-à-dire comme une pensée orientée dans une perspective pratique dont l’objectif est la réalisation de la perfection humaine, ne réduit pas l’homme à une chose parmi les choses.
Si l’homme est dans la nature un être comme les autres, il n’est pas pour autant un être quelconque, il a pour l’homme une valeur indiscutable, il représente même la plus haute valeur, dans la mesure où rien n’est plus utile à un homme qu’un autre homme, rien n’est plus utile à l’homme qu’un homme guidé par la raison.
En conséquence, si d’un point de vu ontologique il n’y a pas d’anthropologie spinoziste, l’homme n’étant pas «comme un État dans l’État» ; d’un point de vue éthique il peut sembler cohérent de considérer que l’homme n’est pas pour Spinoza sans dignité. Ce qui autorise à penser la présence dans sa philosophie d’une conception implicite de la personne.

Article publié dans la revue L’enseignement philosophique, N°6, juillet-aout 2009.

Information du patient en cas de dommages liés aux soins

Lorsque l’on consulte un praticien ou que l’on séjourne dans un établissement hospitalier, c’est toujours en vue d’un bien. Soit pour subir des examens afin de confirmer ou préciser un diagnostic, soit afin de subir une intervention ou un traitement dans le but d’une amélioration de son état de santé.

Le patient, assuré le plus souvent que les soignants qui vont le prendre en charge sont animés par le souci de son bien, leur accorde sa confiance.

Cependant, il peut s’avérer que, malgré l’indéniable sollicitude de la majorité des médecins et des personnels soignants, les effets escomptés ne se produisent pas et laissent la place à des conséquences plus qu’indésirables, voire à des dommages irréversibles. Ce peut-être le cas à la suite du mauvais déroulement d’un examen invasif, d’une opération chirurgicale ou de l’intolérance de l’organisme à un traitement pouvant entraîner des lésions dont le malade ressentira les effets durant une période relativement longue, peut-être même jusqu’à la fin de ses jours.

Si l’on raisonne en termes principistes, alors que le malade confie son sort à des personnels dont il est convaincu qu’ils sont animés par le principe de bienfaisance, il se trouve qu’en voulant le bien du patient c’est le principe de non malfaisance (le primum non nucere – le « d’abord ne pas nuire » de la médecine hippocratique) qui se trouve enfreint.

Lorsqu’un tel événement se produit, la difficulté est d’abord d’annoncer la nouvelle au malade afin de pouvoir ensuite lui prodiguer les soins nécessaires. Cependant annoncer trop brutalement elle risque de rompre définitivement la confiance que le malade avait accordée à l’institution hospitalière et aux personnes qui le soignent. De cette rupture peut naître un refus de soin pouvant aggraver son état de santé ainsi qu’un traumatisme psychologique pouvant ralentir les effets des traitements proposés.

Il n’est cependant pas possible de dissimuler la réalité de la situation au patient, cela irait à l’encontre de ses droits les plus élémentaires et conduirait, pour le coup, à accréditer les raisons qui le poussent à remettre en cause la confiance qu’il avait placée dans la médecine ainsi que dans les institutions et les personnes qui la représentent.

La question n’est donc pas ici de savoir s’il faut ou non dire la vérité au patient victime d’un dommage lié aux soins, mais comment lui dire. Comment annoncer à une personne qui a confié son corps et sa vie aux mains de la médecine qu’au lieu du bien qu’il espérait il se trouve affecté d’un mal supplémentaire, mal que la médecine lui a causé et qu’elle prétend cependant prendre en charge ?

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Santé du corps et santé de l’esprit — Les apports de l’éthique de Spinoza à l’éthique médicale

Dans la lettre à Oldenburg du 7 février 1676 Spinoza écrit qu’il n’appartient pas « à la nature de tout homme d’avoir une âme forte et qu’il n’est pas plus en notre pouvoir de posséder la santé du corps que celle de l’âme ».
La proposition XXXIX de la cinquième partie de l’Éthique nous dit également : « Qui a un corps apte à un très grand nombre de choses, a un esprit dont la plus grande part est éternelle ».

La lecture de ces deux citations pourrait nous conduire à penser que pour Spinoza : d’une part, les hommes n’ont aucun pouvoir sur eux-mêmes en raison du déterminisme universel auquel ils sont soumis, et que, d’autre part l’esprit ou l’âme étant l’idée du corps, la santé de l’esprit est à ce point dépendante de celle du corps, que la maladie fermerait la voie vers le salut pour quiconque en serait affecté.

Autrement dit, cette conception des rapports entre l’esprit et le corps laisserait apparemment sous entendre que, pour celui dont les aptitudes du corps sont inférieures à la normale, l’accès à la béatitude et à l’éternité serait fortement compromis.

Il semblerait donc, à première vue, que pour Spinoza, non seulement nous ne maîtrisons pas les affections dont nous sommes les objets (il n’est pas plus en notre pouvoir de posséder la santé du corps que celle de l’esprit) mais que d’autre part, il existe une telle dépendance entre le corps et l’esprit que la diminution de la puissance du corps ne peut avoir pour conséquence que la faiblesse de l’esprit. Si, en effet, les aptitudes de mon corps déterminent la part de mon esprit pouvant accéder à l’éternité, la perte de certaines de ces aptitudes (perte qui peut résulter de la maladie) ne peut que compromettre le salut de l’esprit.Cependant, si l’on se réfère à la vie de Spinoza, il apparaît que les faits contredisent cette interprétation. Spinoza était lui-même malade (il a vécu toute sa vie en souffrant d’une affection pulmonaire qui l’obligeait à garder la chambre des jours entiers). Cela ne l’a pas empêché de rédiger son œuvre et d’atteindre – ses biographes le confirment -, une sagesse et une sérénité qui l’ont accompagné jusque dans ses derniers moments.

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Début, milieu, fin de vie : quels progrès ?

Communication prononcée le 18/11/09  lors d’une réunion débat organisée par l’UDAF du Cher.

Le titre de cette soirée (Début, milieu, fin de vie : quels progrès ?) est quelque peu vertigineux, surtout si l’on doit, comme il me l’a été demandé, exposé en une quinzaine de minutes les enjeux philosophiques d’un tel questionnement.

Je me suis donc interrogé, afin de trouver un angle d’approche de ce thème, sur ce qui pourrait résumer la raison d’être d’une telle question.

Aussi, en référence à mon philosophe favori, qui n’est autre que Spinoza, j’en suis arrivé à l’interprétation selon laquelle la question était avant tout de savoir comment apprivoiser, au sujet des progrès scientifiques et techniques concernant le vivant, ces deux passions que sont l’espoir et la crainte. Passions dont Spinoza dit qu’elles sont tellement liées l’une à l’autre « qu’il n’y a pas d’espoir sans crainte ni de crainte sans espoir ». En effet, espérer une chose c’est craindre qu’elle n’ait pas lieu, et la craindre c’est espérer qu’elle ne se produise pas. Il convient ici, précisons le, d’entendre par passion la définition qu’en donnent les philosophes, c’est-à-dire un sentiment, une affection, une modification de notre conscience dont nous ne sommes pas maîtres, que nous subissons et qui pour cela nous rend passif et non actif, c’est pourquoi il faut opposer ici la passion à l’action.

Or, précisément, face au progrès techno-scientifique, et principalement pour ce qui touche l’accroissement de notre connaissance et de notre pouvoir d’action sur le vivant, nous nourrissons de nombreuses craintes et de nombreux espoirs et nous avons parfois le sentiment de ne plus maîtriser activement un progrès dont nous serions plus les objets que les sujets.

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