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Like a rolling stone

Posted in Articles on mai 21st, 2018 by admin – Commentaires fermés

Nous connaissons tous cette célèbre chanson de Bob Dylan qui s’adresse à une femme qui, après avoir connu des jours fastes, se retrouve victime des revers de la fortune et perd toute sa superbe, se retrouvant dans la situation de ceux qu’elle méprisait et traitait jusque-là avec une grande condescendance.

 

Cette personne qui croyait maîtriser sa vie se retrouve soudain « comme un pierre qui roule », c’est-à-dire comme un vagabond errant au hasard et guidé par les circonstances. Ainsi, celle qui se croyait libre lorsque le sort lui était favorable découvre qu’elle est soumise au jeu des circonstances, qu’elle n’est pas l’auteure de sa vie, mais que c’est la vie qui, après l’avoir fait grimper très haut, l’a laissé tristement retomber.
Nous ne sommes que le produit des circonstances. Finalement, quoi qu’il nous arrive, nous sommes tous des pierres qui roulent, des pierres soumises à la gravitation qui nous orientent parfois dans des directions qui nous sont favorables – et nous aimons alors imaginer que nous sommes les artisans de notre destin –, parfois aussi nous tombons bien bas et c’est alors que nous pestons contre la fortune dont nous nous estimons être la victime. Au bout du compte, dans un cas comme dans l’autre, sommes-nous vraiment libres ? C’est plus que douteux !

La vraie liberté est libre nécessité

Cette histoire de pierre, si j’y fais ici référence, c’est qu’elle m’en rappelle une autre que nous raconte Spinoza dans sa correspondance. C’est, en effet, en imaginant une pierre qui roule, ou qui tombe, que Spinoza illustre sa remise en question de la conception de la liberté comme libre arbitre pour défendre l’idée que la vraie liberté est libre nécessité. Dans une lettre à Schuller d’octobre 1674, Spinoza demande à son correspondant d’imaginer une pierre, dont on pourrait dire qu’elle est « en chute libre ». L’expression est d’ailleurs ici amusante, puisqu’en réalité, une pierre qui tombe n’est pas libre de tomber où elle veut, elle ne peut suivre qu’une seule trajectoire, celle qui est déterminée selon les lois de la gravitation universelle. Spinoza demande ensuite un effort supplémentaire d’imagination à son lecteur. Il lui demande de feindre de croire que cette pierre pense, et qu’elle pense consciemment, mais d’une conscience partielle. C’est-à-dire que cette pierre aurait conscience du mouvement qui l’oriente dans une certaine direction, tout en ignorant la cause qui a déterminé son mouvement. Aussi, aurait-elle le sentiment que l’impulsion qui détermine sa trajectoire vient d’elle seule et qu’elle tombe, ou qu’elle roule, librement. En réalité, ce que décrit ici Spinoza, ce n’est rien d’autre que notre condition : « Et voilà cette fameuse liberté humaine que tous se vante d’avoir ! Elle consiste uniquement dans le fait que les hommes sont conscients de leurs appétits et ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés. »[1]

LA GRANDE LEÇON DE SPINOZA EST DE NOUS FAIRE COMPRENDRE QU’IL EST POSSIBLE DE PENSER LA LIBERTÉ À L’INTÉRIEUR DU DÉTERMINISME

Et l’on redécouvre ici ce que Spinoza développe dans son Éthique, c’est-à-dire que l’homme n’est pas dans la nature comme « un État dans l’État » et qu’il est, comme toute chose, déterminé par la loi commune de la nature. Bref, nous sommes tous des Rolling Stones, des pierres qui roulent, plus ou moins bien, dans une direction qui nous satisfait plus ou moins. Belle blessure narcissique que nous inflige ici Spinoza ! Surtout, lorsque nous croyons avoir réussi nos vies. Nous croyons alors être les auteurs de nos succès, nous nous imaginions avoir su faire un bon usage de notre liberté pour devenir les artisans de nos victoires. Mais, finalement, nous découvrons que nous ne sommes ce que nous sommes que parce que les circonstances nous ont mené là où nous sommes. Pas de quoi être fiers ! C’en est fini du self-made-man, de celui qui croit s’être fait tout seul, nous ne sommes que ce que la vie a fait de nous. Faut-il en conclure pour autant qu’aucune liberté n’est possible ? Faut-il en déduire que la liberté n’est qu’illusion ? Non ! La grande leçon de Spinoza est de nous faire comprendre qu’il est possible de penser la liberté à l’intérieur du déterminisme. Mais il ne s’agit plus alors d’un libre arbitre. Il ne s’agit plus de s’imaginer cause première de ses actes ou de ses pensées. Il s’agit d’une libre nécessité. L’expression peut sembler curieuse, sa signification est pourtant d’une grande richesse.

C’est un fait que nous sommes déterminés, différemment de la pierre, certes, car notre structure est éminemment plus complexe que la sienne. Nous ne sommes pas seulement soumis à la gravitation, des causes externes d’ordre biologique, social, culturel, historique, et peut-être d’autres encore agissent sur nous et déterminent notre manière d’être. Néanmoins, nous sommes en mesure, lorsque les circonstances nous déterminent à le faire, de comprendre ce qui nous arrive, d’identifier les causes qui agissent sur nous.
Si les êtres humains se croient détenteurs d’un libre arbitre parce que, comme l’écrit Spinoza dans l’appendice de la première partie de l’Éthique, ils ont conscience de leurs désirs, mais ignorent les causes qui les déterminent, il est permis de penser que la connaissance de ces causes peut, non seulement dissiper une illusion, mais également aider celui qui progresse vers cette connaissance à s’engager sur le chemin de la libre nécessité. Cette connaissance n’empêchera pas les déterminations, qu’elles soient naturelles ou sociales de s’exercer sur nous. Néanmoins, parce que nos idées ne sont pas des « peintures muettes sur un panneau », lorsque nous comprenons la manière dont les causes externes nous déterminent, leur action sur nous n’est plus la même et nous en devenons alors plus libres par la compréhension rationnelle des choses, la raison étant l’expression et la manifestation de la nécessité de notre propre nature.
Je puis, par exemple, être le jouet d’une campagne publicitaire qui insidieusement m’incite, sans que j’en ai la moindre conscience, à consommer tel ou tel produit que j’imagine avoir choisi librement. Dans ces conditions, je me crois libre, alors que je suis en état de servitude. En revanche, si une cause – toujours externe, une expérience, une personne qui m’alerte – me fait découvrir que le choix, que je crois avoir fait librement, n’a, en réalité, rien d’autonome, je vais me mettre à réfléchir et la réflexion pourra modifier mon comportement de consommateur. Alors, au lieu d’être déterminé par des facteurs extérieurs, j’agirai de manière plus rationnelle et raisonnable, c’est-à-dire selon la seule nécessité de ma nature. Je serai toujours comme une pierre qui roule, c’est-à-dire déterminé, mais je serai aussi une pierre qui pense et qui ne pense pas qu’à moitié, comme la pierre dont parle Spinoza dans la lettre à Schuller. Je serai la pierre qui connaît les causes qui la détermine.

La liberté à laquelle on accède par la connaissance n’est pas un libre arbitre illusoire, nous ne la possédons pas de manière innée. Il s’agit d’une liberté qui s’acquiert, qui se conquiert patiemment par la réflexion qui nourrit le désir de comprendre et qui s’en nourrit. Cette conquête ne se fait pas seul, mais avec les autres, dont certains nous incitent plus que d’autres à la réflexion. C’est pourquoi l’instruction est fondamentale, car c’est elle qui nous invite, ou devrait nous inviter, à réfléchir, c’est elle qui s’oppose à la servitude et qui nous aide à conquérir pas à pas notre véritable liberté s’appuyant sur la connaissance, c’est elle qui nous donne les outils pour comprendre et donc pour devenir plus libres. Pour que chacun de nous ne se sente pas simplement « like a rolling stone », mais pour qu’il sente la connaissance et la raison le guider « like a thinking stone ».

 

[1] Spinoza, « Lettre 58 à Schuller », Correspondance, présentation et traduction par Maxime Rovere, Garnier Flammarion, p. 319.

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Une revue pour diffuser un questionnement. La santé en question : l’éthique, une pratique

Posted in Articles on mars 21st, 2018 by admin – Commentaires fermés

Résumé

Intituler une revue Éthique et Santé, c’est déjà sous-entendre à la fois que l’éthique est une affaire de santé et que la question de la santé, loin d’être une question essentiellement scientifique est tout d’abord une question éthique, que le concept de santé est un concept éthique. En effet, ne serait-ce qu’en se référant à son étymologie cette notion présente une dimension sotériologique. Elle renvoie en effet à la notion de salut qui n’a pas seulement une signification religieuse mais qui désigne tout d’abord le cheminement philosophique par lequel il est possible de parvenir à la vie bonne, c’est-à-dire à une vie pleinement humaine et qui mérite d’être vécue. Ainsi, Épicure dans la célèbre Lettre à Ménécée, malgré son matérialisme foncier, ne propose-t-il pas à son disciple de travailler à la santé de son âme ? La santé est donc ce qui nous sauve, ce qui nous soustrait à notre finitude, à notre fragilité et à notre vulnérabilité, ce qui fait que, malgré notre faiblesse et nos limites, nous sommes en mesure de vivre et de nous efforcer de bien vivre. La santé ne peut donc, par conséquent se limiter à l’absence de maladie. Un organisme sain ne se réduit pas à un corps qui fonctionne bien, comme un moteur qui tourne au quart de tour. Faut-il encore que ce moteur nous meuve et nous mène quelque part, nous conduise là où nous désirons aller. C’est pourquoi la recherche de la santé pour soi-même comme pour autrui, que ce soit celle du corps ou celle de l’esprit – la distinction est-elle d’ailleurs pertinente ? – suppose d’abord une démarche éthique, c’est-à-dire une démarche réflexive susceptible de nous transformer, de nous faire être comme nous désirons vraiment être et de nous faire pleinement agir. Aussi, n’y a t-il pas d’éthique qui ne se manifeste sous la forme d’une pratique, c’est-à-dire comme une manière d’être et d’agir. La santé est d’abord puissance, puissance d’être et d’agir et c’est cette puissance qu’il faut maintenir et augmenter lorsque l’on prend soin de soi-même et des autres. La santé doit, par conséquent, toujours faire l’objet d’un questionnement. L’éthique en médecine consiste donc essentiellement en une telle interrogation par laquelle le désir des uns et des autres, tant des soignants et des médecins que des patients, trouve sa véritable voie d’expression.

Summary

Titling a journal Ethics and Health already implies that on one hand ethics is a matter of health and on the other one that, far from being essentially an scientific question, health issues are first of all a question of ethics, because the concept of health is an ethical concept. Indeed, if we refer to its etymology (mainly in Latin languages) this notion has a soteriological dimension. In fact, it refers to the notion of salvation which has religious significance but which first of all designates the philosophical path through which it is possible to achieve a good form of life, that is fully human and worth living. Thus, in his famous Letter to Menœceus and despite its fundamental materialism, Epicurus asks his disciple to work for the health of his soul. Health saves and protects us from our fragility and vulnerability, in order to make us live and strive to have a good life despite our weaknesses and limitations. Therefore, health cannot be related to the absence of disease. A healthy body cannot be reduced to a body that works well just like an engine that runs like a clock. It is also necessary for the engine to make us move and take us where we want to go. That is why the pursuit of health for oneself and for others, whether health of the body or health of the mind – but is the distinction really relevant? – presupposes an ethical approach, in other words, a reflective process that can transform and turn us in a way we really want to be and make us act deliberately. Thus, ethics means a form of practice, which reflects our entire being. First health is the power to be and to act, and this power is maintained and increased whenever we take care of ourselves and others. Therefore, health must always lead to questioning. Ethics in medicine consists essentially in questioning whether the desire of caregivers, physicians and patients alike can find its true meaning.

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Éthique, Nouvelles technologies et handicap

Posted in Articles on décembre 15th, 2017 by admin – Commentaires fermés

 

 

Conférence prononcée le 14 décembre 2017 lors du symposium organisé par la CRAMIF : « Innovation et handicap ».

Afin de bien comprendre en quoi le développement des nouvelles technologies pose un certain nombre de problèmes éthiques et de réfléchir afin de déterminer en quoi les questions liées au handicap n’échappent pas à cette problématique, je voudrais commencer par préciser le sens des notions en jeu ainsi que les liens qui les réunissent selon des modalités qui ne conduisent ni toujours ni nécessairement à l’harmonie.

Nous aborderons tout d’abord la notion d’éthique qu’il me semble nécessaire de distinguer de celle de morale. Cette distinction est nécessairement subtile dans la mesure où nous avons affaire initialement à deux termes qui veulent globalement dire la même chose, l’un venant du grec et l’autre du latin. En effet, à l’origine, ces deux termes désignent les mœurs, la manière d’être et de se comporter. Ainsi, en grec ancien, l’ethos d’une personne renvoie aux principes implicites qui déterminent sa conduite. Néanmoins, les mots ayant, comme toutes les choses humaines, une histoire, leurs significations respectives ont évoluées dans des directions quelque peu différentes. En effet, la morale désigne aujourd’hui un ensemble de principes et de règles qui font l’objet de devoirs et d’obligations qu’il nous faut respecter en vue du bien, tandis que l’éthique répond plus à la question « que faire ? » qu’à la question « que dois-je faire ? ». L’éthique cherche plus à faire émerger des principes d’actions immanents, c’est-à-dire présents à l’intérieur même de l’univers dans lequel nous évoluons, plutôt qu’à essayer de faire s’accomplir ici-bas des principes idéaux et transcendants qui nous dépasseraient. Développer une réflexion éthique ne signifie donc pas agir en vue de rendre réel un idéal, mais consiste plutôt à chercher à comprendre le réel pour faire en sorte que cette compréhension modifie notre manière d’être et notre manière d’appréhender ce réel afin de nous y adapter sans pour autant nous y soumettre, mais pour que l’évolution de notre manière d’être et d’agir puisse transformer ce réel et le modifier. Pour tenter de résumer cette distinction et l’illustrer à partir des rapports entre morale, éthique et technologie, je dirais qu’en ce domaine l’attitude morale serait de condamner une technique ou une technologie sous prétexte qu’elle peut être dangereuse et de recommander que l’on renonce à son utilisation, tandis que la réflexion éthique consisterait plutôt à réfléchir sur la manière de vivre avec cette technologie de telle sorte qu’elle nous soit utile et que nous puissions éviter d’en subir les effets néfastes ou dangereux. Et cela n’a rien d’étonnant, car le terme grec d’Ethos a plusieurs significations et – à un accent près en grec ancien – s’il désigne les mœurs et le comportement, il peut également désigner l’habitation. Il me semble donc que l’éthique, vue sous cet angle, peut également se définir comme la recherche d’une méthode pour mieux habiter ce monde. Développer une réflexion éthique consiste finalement à cultiver notre disposition à habiter humainement ce monde et à faire en sorte qu’il ne devienne pas, en raison même de nos actions, totalement inhabitable, que ce soit sur le plan social ou écologique.

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Philippe Merlier Normes et valeurs en travail social, Séli Arslan, 2016, lu par Eric Delassus

Posted in Articles on septembre 15th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Comment normer sans normaliser ? Telle est la problématique que traite P. Merlier dans ce livre qui se veut une réflexion philosophique sur le travail social. En s’inspirant, entre autres, des travaux de G. Canguilhem dont il déplace les conclusions sur le champ social, P. Merlier s’efforce de penser l’accompagnement social comme la démarche par laquelle l’usager est soutenu dans un parcours au cours duquel il parvient à mieux s’intégrer socialement tout en définissant lui-même ses propres normes de vie.

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Émergence de nouvelles pratiques managériales et vulnérabilité

Posted in Articles on octobre 1st, 2016 by admin – Commentaires fermés

Émergence de nouvelles pratiques managériales et vulnérabilité

http://www.managementinternational.ca/catalog/emergence-de-nouvelles-pratiques-manageriales-et-vulnerabilite.html

RÉSUMÉ: La notion de vulnérabilité issue des éthiques du care, pourrait-elle trouver sa place dans une refondation de la pensée managériale ? Les nouvelles formes d’organisation du travail, qui valorisent plus les relations entre les personnes que les performances individuelles, pourraient intégrer cette notion pour faire émerger un management humaniste favorisant la confiance et la sollicitude. Une culture de la responsabilité remettant en cause une vision gestionnaire des relations humaines et prenant en compte de la singularité de chacun verrait alors le jour. L’autorité du manager, plus compréhensive envers autrui et soucieuse de le faire progresser,
y trouverait une nouvelle légitimité.

Mots clés : Vulnérabilité, care, personne, travail collaboratif, nouvelles pratiques managériales

 

Emergence of New Managerial Practices and Vulnerability

ABSTRACT: Could the notion of vulnerability, which comes from care ethics, find its place in the refounding of managerial thinking? From new forms of work organisation that value relationships between persons rather than individual performance through the integration of this notion, there might emerge a humanist management promoting confidence and solicitude. A responsible approach challenging a managemental vision of human relationships and considering each person’s singularity would result. The authority of the manager would thus find a new legitimacy through him or her showing more understanding and concern, enabling staff to progress.

Keywords: Vulnerability, care, person, teamwork, new managerial practices

 

Nacimiento de nuevas prácticas de liderazgo y vulnerabilidad

RESUMEN: La noción de vulnerabilidad surge de las éticas de los principios corporativos, ¿Podría encontrar su estabilidad en una reconstrucción de los fundamentos del liderazgo? Las nuevas formas de organización laboral valorizan más las relaciones entre los individuos que sus logros personales; esta noción emergente podría integrar un liderazgo humanista que estimula la confianza y la colaboración. Una cultura de responsabilidad que reevalúa su visión funcional sobre las relaciones humanas y que considera la singularidad de cada individuo, emergerá entonces algún día. Los dirigentes que se enfocan en un liderazgo más comprensivo de los demás y que se interesan en su evolución y su progreso encontrarán en ella una legitimidad.

Palabras clave: Vulnerabilidad, atención, persona, trabajo en equipo, nuevas prácticas liderales

Télécharges l’intégralité de l’article sur le site de la revue Management internationalehttp://www.managementinternational.ca/catalog/emergence-de-nouvelles-pratiques-manageriales-et-vulnerabilite.html

 

La santé comme puissance

Posted in Articles on juillet 5th, 2016 by admin – Commentaires fermés

Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. – Spinoza, Éthique, Troisième partie, Proposition VI.

La Joie est le passage de l’homme d’une moindre à une plus grande perfection. – Ibid. Définition II des affects.

Parler de la santé n’est pas une tâche facile dans la mesure où l’on a trop souvent tendance à définir celle-ci négativement et à la réduire à l’absence de maladie. Or, l’expérience nous en offre des témoignages fréquents, nous savons bien qu’il y a parfois des malades en meilleure santé que certaines personnes dites « bien portantes ». Ce constat signifie donc que la santé n’est pas l’opposé de la maladie et que la différence entre la maladie et la santé n’est pas de nature, mais de degré. En effet, personne ne peut prétendre qu’il est en parfaite santé, il suffit de s’étudier quelque peu et l’on s’aperçoit que l’on ressent une légère douleur dans telle ou telle partie de notre corps, que l’on ne digère pas correctement certains aliments, que l’on souffre de telle allergie, etc. Sans aller jusqu’à affirmer comme le docteur Knock que toute personne bien portante est un malade qui s’ignore, on peut considérer que l’on est toujours plus ou moins malade ou plus ou moins en bonne santé.

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Le travail est-il pour l’homme une malédiction ?

Posted in Articles on juin 14th, 2016 by admin – Commentaires fermés

 

En cette période où s’affrontent les différentes forces sociales et politiques de notre pays au sujet de la loi travail, il m’a semblé important, pour participer au débat sans pour autant entrer directement dans la polémique, de proposer une réflexion sur le sens même du travail humain.

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La personne – De l’individu à la personne

Posted in Articles on juin 4th, 2016 by admin – Commentaires fermés

La personne

De l’individu à la personne

Si la naissance de l’individu moderne a joué un rôle émancipateur indiscutable en libérant l’homme des pesanteurs sociales et communautaires auxquelles il était soumis jusque-là, il est temps aujourd’hui de dépasser l’individualisme pour se protéger des dérives auxquelles il pourrait conduire dans le contexte contemporain. Réduit essentiellement à sa dimension économique, à son statut d’homo oeconomicus, l’individu contemporain pourrait se laisser tenter par le repli sur soi et par un égoïsme mortifère négligeant toute forme de respect pour la personne humaine.

Par conséquent, la nécessité ne s’impose-t-elle pas à nous, pour sortir des impasses vers lesquelles nous pourrions être entraînés, d’interroger et de revisiter le concept de personne, en insistant principalement sur sa dimension relationnelle ?

Site de l’éditeur : http://librairie.studyrama.com/produit/3732/9782749535401/La%20personne%20

Le projet Spinoziste

Posted in Articles on avril 28th, 2016 by admin – Commentaires fermés

Extrait de mon Livre Spinoza dans la collection « Connaître en citations » aux éditions Ellipses

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Expliquer, est-ce justifier ?

Posted in Articles on avril 26th, 2016 by admin – Commentaires fermés

Suite aux attentats terroristes dans lesquels étaient impliqués un certain nombre de jeunes Français partis rejoindre les forces de l’État islamique, une polémique s’est développée afin de savoir s’il fallait ou non chercher à expliquer les raisons d’un tel phénomène. En effet, à ceux qui s’interrogeaient sur les raisons qui peuvent conduire certains jeunes à accomplir des actes aussi terrifiants et inhumains, certains responsables politiques ont répondu que chercher à expliquer, c’était déjà justifier. Mais, y a-t-il vraiment lieu de polémiquer sur une telle question ? Cette assimilation entre expliquer et justifier ne repose-t-elle pas sur une confusion des ordres comparable à celle que dénonce Pascal, lorsqu’il qualifie de ridicules ceux qui confondent les ordres du corps, celui de l’esprit ou de la raison et celui du cœur ou de la charité :

De tous les corps ensemble on ne saurait en faire réussir une petite pensée. Cela est impossible et d’un autre ordre. De tous les corps et esprits on n’en saurait tirer un mouvement de vraie charité, cela est impossible, et d’un autre ordre surnaturel. (Pascal, Pensées 308)

Le principe de cette confusion des ordres est d’ailleurs repris par André Comte-Sponville – sans référence au surnaturel, il convient de le préciser – dans son livre Le capitalisme est-il moral ? lorsqu’il distingue l’ordre technoscientifique, l’ordre juridico-politique et l’ordre moral, puis l’ordre éthique. En ces domaines, le ridicule qui procède de la confusion des ordres peut conduire à la barbarie, comme cela peut être le cas lorsque l’on réduit les phénomènes sociaux à leur dimension économique en oubliant les ordres du droit, de la morale et de l’éthique.

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Vivre et penser son corps à l’adolescence

Posted in Articles on mars 25th, 2016 by admin – Commentaires fermés

Conférence donnée le 25 mars 2016 au Nouvel Hôpital d’Orléans dans le cadre de la Semaine d’Information sur la Santé Mentale – Rencontre organisée par la Maison des Adolescents d’Orléans.

Il est toujours délicat d’intervenir en tant que philosophe pour traiter d’un sujet qui est fortement investi par d’autres disciplines et que la philosophie a finalement peu traité. Si l’on excepte peut-être Saint Augustin qui dans ses Confessions décrit l’adolescence comme l’âge des tourments que le corps inflige à l’âme en l’attirant vers des plaisirs infernaux :

J’étais adolescent ; je brulais de me rassasier de plaisir infernaux, j’eus l’audace de m’épanouir en des amours changeantes et ténébreuses ; et « ma beauté se flétrit » et je ne fus plus que pourriture à vos yeux, pendant que je me complaisais en moi-même et voulais plaire aux yeux des hommes[1].

Si l’on excepte également Rousseau, qui dans son traité d’éducation consacre environ deux cents pages l’adolescence d’Émile. L’adolescence étant perçue par Rousseau comme l’âge au cours duquel s’éveille le désir et toutes les tendances passionnelles, il s’interroge sur la manière d’orienter positivement ces mouvements de l’âme. Il s’agit de procéder de manière non-directives, en laissant la nature s’exprimer librement, mais de manière à ce que se développent des sentiments comme la pitié ou la sympathie qui permettront à Émile de devenir un individu apte à entrer progressivement dans la société et à entretenir des rapports harmonieux avec ses semblables :

L’adolescence n’est l’âge ni de la vengeance ni de la haine ; elle est celui de la commisération, de la clémence, de la générosité. Oui, je le soutiens et je ne crains point d’être démenti par l’expérience, un enfant qui n’est pas mal né, et qui a conservé jusqu’à vingt ans son innocence, est à cet âge le plus généreux, le meilleur, le plus aimant et le plus aimable des hommes[2].

À part ces deux exemples, la question de l’adolescence ne semble, à ma connaissance, n’avoir été que très peu théorisée sur le plan philosophique. La philosophie ayant trop souvent tendance à parler de l’homme comme si, en tant qu’individu, il n’avait pas d’histoire, ou comme s’il ne présentait d’intérêt qu’une fois adulte.

En conséquence, la difficulté à laquelle je dois faire face devant vous, aujourd’hui, consiste à traiter ce sujet en tant que philosophe, et plus particulièrement à réfléchir philosophiquement sur la manière dont l’adolescent vit son corps. En effet, si les apports de la psychologie en ce domaine sont indispensables, je n’ai, d’une part, ni la légitimité, ni les compétences suffisantes pour traiter cet aspect de la question et, d’autre part, je me dois, en tant que philosophe, de proposer un autre regard sur le rapport qu’entretient l’adolescent avec son corps. Un regard, certes nourri des connaissances que la psychologie apporte, mais un regard néanmoins différent.

Aussi, la question que je serai tenté de poser est la suivante : Que peut apporter au philosophe que je suis la connaissance de l’adolescence et quel peut être ma contribution de philosophe à une réflexion sur l’adolescence ?


[1] Saint Augustin, Les confessions, Livre deuxième, Chapitre premier, Traduction préface et notes par Joseph Trabucco, Garnier-Flammarion, 1964, p. 37.

[2] Jean-Jacques Rousseau, Émile, Livre IV, Édition publiée sous la direction de Bernard Gagnebin et Marcel Raymond, Bibliothèque de la Pléiade, Galllimard, 1969, p. 503.

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Éthique et nouvelles technologies

Posted in Articles on mars 6th, 2016 by admin – Commentaires fermés

Lorsque je repense aux publications populaires de sciences fiction du siècle dernier et que j’essaie de me remémorer la manière dont était envisagée l’évolution des techniques du XXIe siècle, j’ai le sentiment qu’un écart considérable sépare l’anticipation de la réalité. Le monde de l’an 2000, dans les années 60 ou 70, était souvent représenté comme celui de la conquête intergalactique, des moyens de transport atteignant des vitesses pharamineuse, mais certainement pas comme celui de l’internet, de l’ordinateur et du smartphone. On a plutôt l’impression, lorsque l’on se replonge dans ces images d’anticipation qu’elles ont été conçues en multipliant les possibilités des moyens techniques qui étaient disponibles à cette époque, mais qu’aucune technique réellement nouvelle n’avait été imaginé. Les véhicules volaient dans l’espace à des vitesses considérables, les gratte-ciel pouvaient faire plusieurs kilomètres de hauteurs, mais toute la puissance qui était mise en œuvre concernait plus la maîtrise de l’espace et la rapidité de nos déplacements, que la vitesse avec laquelle nous pouvons communiquer et réduire le temps de transmission de l’information, sans même avoir à nous déplacer. Ainsi, si nous regardons de prés notre environnement spatial, il n’a pas fondamentalement changé durant les cinquante dernières années, nos véhicules fonctionnent toujours globalement sur le même principe et nous ne nous déplaçons pas en fusée pour aller travailler. En revanche, nous pouvons communiquer instantanément avec n’importe quelle partie du monde, transmettre des documents, des images, des films à la terre entière en quelque clics de souris. La question n’est pas de savoir si cela est bien ou mal, c’est ainsi, la question est de savoir comment nous pouvons penser cette évolution.

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Avis de parution Spinoza – Connaître en citations

Posted in Articles on février 22nd, 2016 by admin – Commentaires fermés

Texte de la quatrième de couverture :

L’homme n’est pas « dans la nature comme un empire dans un empire » écrit Spinoza dans la préface de la troisième partie de son livre majeur : L’Éthique. Par cette formule, il fait comprendre à son lecteur que l’être humain n’est pas une exception, qu’il est déterminé comme toutes les autres choses par les lois de la nature et que le sentiment qu’il a de disposer d’un libre arbitre n’est qu’une illusion. Faut-il alors en conclure qu’aucune liberté ne lui est accessible ? Penser une liberté qui n’ait plus rien à voir avec le libre arbitre, penser la liberté à l’intérieur du déterminisme, tel est le problème qui traverse toute la pensée de Spinoza, aussi bien sur le plan éthique que politique. Les citations qui sont ici commentées tendent à fournir des clés permettant de mieux pénétrer la philosophie spinoziste et de comprendre comment elle explore cette problématique.

Présentation sur le site des éditions Ellipses
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Consulter la Table des Matières

Références:
ISBN :   9782340009493
12.50€
Collection :  Connaître en citations
Auteur : Delassus Eric
Code : DELSPI
Parution : 16-02-2016
Format : 12 x 19 cm
Poids : 0.212 kg
Pages : 224 pages

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Le sujet

Posted in Articles, Billets on septembre 18th, 2015 by admin – Commentaires fermés

L’homme peut-il devenir sujet de son existence ? Nous avons spontanément le sentiment de disposer d’une volonté et d’un pouvoir d’autodétermination nous permettant d’être pleinement sujets de nos actes aussi bien que nos pensées. Cependant, ne s’agit-il pas,  comme l’ont souligné des penseurs tels que Marx, Freud ou Nietzsche, qualifiés par Paul Ricœur de maîtres du soupçon, d’une illusion reposant sur l’ignorance des déterminations dont nous sommes les objets ? Ne faut-il pas voir, à l’instar de Spinoza, dans la conscience immédiate que nous avons de nous-même l’origine de notre servitude ?

Si ce livre tente de répondre à cette question, il s’efforce également de comprendre comment, malgré les forces qui agissent en nous et sur nous, il est possible de recourir à la puissance réflexive de la pensée pour accéder au statut de sujet.

https://www.academia.edu/15819776/Le_Sujet

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Texte de présentation

Sommaire

Éthiques du goût – Enregistrement et photos de la conférence du 26 mars 2015 à la Médiathèque de Bourges

Posted in Articles on avril 23rd, 2015 by admin – Commentaires fermés

Vous pouvez accéder en cliquant sur ce lien à l’enregistrement, ainsi qu’à quelques photos, de la conférence que nous avons donnée le 26 juin à la médiathèque de Bourges
À faire circuler et à partager.
Merci.

https://drive.google.com/folderview?id=0BzK1nT57T9PgfkJGVUF1dlFuZzJnck0yMlI3QmpmQWhZTVhYWHVCMDZqNTQ1Z24zZjhTcmc&usp=sharing

Penser la santé au-delà des normes

Posted in Articles on avril 19th, 2015 by admin – Commentaires fermés

Lorsque l’on s’interroge sur la question du rapport entre santé et maladie, on est facilement tenté de placer la santé du côté de la norme et la maladie du côté de son contraire : l’anormal ou le pathologique. Envisagée ainsi, la santé apparaît comme un état d’équilibre, stable et quasi-parfait qui se trouverait altéré dès que le corps est affecté par une pathologie quelconque. La santé serait, en un certain sens, la réalisation de l’essence même de ce que doit être un organisme fonctionnant pour le mieux, et la maladie une sorte de corruption de cet état. Cependant, dès qu’on regarde la question d’un peu plus près, on s’aperçoit très vite que les choses ne sont pas si simples et que la santé des uns n’est pas celle des autres, qu’elle ne consiste pas nécessairement dans l’absence de maladie, qu’il est des malades dont la santé nous étonne et à l’inverse des individus apparemment atteints d’aucune pathologie particulière et qui pourtant donnent toujours l’impression d’être maladifs et de santé précaire.
S’il en va ainsi, c’est peut-être parce que la maladie et la santé ne se réduisent pas à des données objectives, mais se manifestent d’abord comme des expériences qui sont de l’ordre du vécu.

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Éthiques du goût – rencontre – dédicace

Posted in Articles on février 22nd, 2015 by admin – Commentaires fermés

Faire du goût une notion éthique peut sembler étrange et incongru. C’est pourtant ce qu’ont tenté de faire les auteurs de l’ouvrage collectif Éthiques du goût réalisé sous la direction de Sylvie Dallet et Eric Delassus et publié en juin 2014 aux Editions L’hamarttan.
En croisant différents regards, scientifiques, artistiques, philosophiques, et d’autres peut être plus difficiles à étiqueter, le goût, décliné sous toutes ses facettes, révèle sa capacité à nous conduire sur le chemin de la vie bonne, d’une vie dont les saveurs multiples cultivent le goût de vivre.
Sylvie Dallet, Eric Delassus, Sylvie Lopez-Jacob et Diane Watteau vous invitent à venir assister à la présentation de ce recueil de textes à la médiathèque de Bourges le 26 mars 2015 à 19h00.
Une vente de livres de ces quatre auteurs sera assurée par la librairie La Poterne et la soirée se clôturera par une séance de dédicace.

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Le préjugé de tous les préjugés

Posted in Billets on décembre 31st, 2014 by admin – Commentaires fermés

Présentation de mon livre Penser avec Spinoza – Vaincre les préjugés publié aux éditions Bréal sur le site iPhilo

 

Être malade : accepter pour résister

Posted in Articles on novembre 12th, 2014 by admin – Commentaires fermés

Intervention prononcée le 07 octobre 2014 à l’ENS de Lyon pour le séminaire organisé dans le cadre du Collège Internationale de Philosophie par Julie Henry : Relire l’éthique en santé à l’aune d’une anthropologie spinoziste : Philosophie de l’âge classique et médecine d’aujourd’hui.


Résumé : L’acceptation est souvent assimilée à la résignation, c’est-à-dire à une attitude passive de soumission. Or, si l’on comprend l’acceptation comme l’acte par lequel celui qui comprend ce qui lui arrive en prend acte, sans pour autant l’approuver, mais au contraire pour mieux s’y opposer, elle peut apparaître comme le chemin qu’il faut nécessairement emprunter pour mieux résister aux assauts des causes externes qui pourraient nous détruire. C’est en ce sens qu’être malade, qui ne signifie pas tout à fait la même chose qu’avoir une maladie, nécessite que soit emprunté un tel chemin. Dans la mesure où la compréhension des causes qui nous déterminent nous rend nécessairement plus puissants, notre conatus, cet effort par lequel nous persévérons dans l’être, ne peut que se trouver renforcé par l’acceptation en nous donnant la « force d’âme » indispensable pour appréhender la maladie avec une certaine équanimité. Reste à définir les modalités d’une telle compréhension. Si pour le philosophe, cela passe par la connaissance intuitive, pour l’ignorant qui en reste à la connaissance imaginative, cela passe certainement par le récit qui permet au malade d’être l’auteur d’une reconfiguration cohérente des événements heureux ou malheureux qui jalonnent son existence.

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Sagesse de l’homme vulnérable

Posted in Articles on août 26th, 2014 by admin – Commentaires fermés

Vous pouvez désormais trouver la majeure partie de mes articles publiés dans un recueil en deux volumes aux éditions L’Harmattan.

LA PRÉCARITÉ DE LA VIE
Sagesse de l’homme vulnérable (Volume 1)
ISBN : 978-2-343-03871-1 • septembre 2014 • 146 page
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=44324&razSqlClone=1

LA QUÊTE DE LA SAGESSE
Sagesse de l’homme vulnérable (Volume 2)
ISBN : 978-2-336-30711-4 • septembre 2014 • 140 pages
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=44323&razSqlClone=1

Eric Delassus
PHILOSOPHIE

 

Les hommes sont dépendants de la nature toute entière et, par conséquent, ils sont dépendants les uns des autres. Cette dépendance n’est pas un signe de faiblesse. C’est elle qui, lorsqu’elle est bien ordonnée, empêche les hommes de devenir ennemis les uns des autres. Il faut donc à l’homme vulnérable une sagesse pour l’inviter à faire preuve d’autant de sollicitude qu’il est possible envers ses semblables. Que peut bien être la sagesse de l’homme vulnérable ?

 

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