Posts Tagged ‘care’

Éthique, Nouvelles technologies et handicap

Posted in Articles on décembre 15th, 2017 by admin – Commentaires fermés

 

 

Conférence prononcée le 14 décembre 2017 lors du symposium organisé par la CRAMIF : « Innovation et handicap ».

Afin de bien comprendre en quoi le développement des nouvelles technologies pose un certain nombre de problèmes éthiques et de réfléchir afin de déterminer en quoi les questions liées au handicap n’échappent pas à cette problématique, je voudrais commencer par préciser le sens des notions en jeu ainsi que les liens qui les réunissent selon des modalités qui ne conduisent ni toujours ni nécessairement à l’harmonie.

Nous aborderons tout d’abord la notion d’éthique qu’il me semble nécessaire de distinguer de celle de morale. Cette distinction est nécessairement subtile dans la mesure où nous avons affaire initialement à deux termes qui veulent globalement dire la même chose, l’un venant du grec et l’autre du latin. En effet, à l’origine, ces deux termes désignent les mœurs, la manière d’être et de se comporter. Ainsi, en grec ancien, l’ethos d’une personne renvoie aux principes implicites qui déterminent sa conduite. Néanmoins, les mots ayant, comme toutes les choses humaines, une histoire, leurs significations respectives ont évoluées dans des directions quelque peu différentes. En effet, la morale désigne aujourd’hui un ensemble de principes et de règles qui font l’objet de devoirs et d’obligations qu’il nous faut respecter en vue du bien, tandis que l’éthique répond plus à la question « que faire ? » qu’à la question « que dois-je faire ? ». L’éthique cherche plus à faire émerger des principes d’actions immanents, c’est-à-dire présents à l’intérieur même de l’univers dans lequel nous évoluons, plutôt qu’à essayer de faire s’accomplir ici-bas des principes idéaux et transcendants qui nous dépasseraient. Développer une réflexion éthique ne signifie donc pas agir en vue de rendre réel un idéal, mais consiste plutôt à chercher à comprendre le réel pour faire en sorte que cette compréhension modifie notre manière d’être et notre manière d’appréhender ce réel afin de nous y adapter sans pour autant nous y soumettre, mais pour que l’évolution de notre manière d’être et d’agir puisse transformer ce réel et le modifier. Pour tenter de résumer cette distinction et l’illustrer à partir des rapports entre morale, éthique et technologie, je dirais qu’en ce domaine l’attitude morale serait de condamner une technique ou une technologie sous prétexte qu’elle peut être dangereuse et de recommander que l’on renonce à son utilisation, tandis que la réflexion éthique consisterait plutôt à réfléchir sur la manière de vivre avec cette technologie de telle sorte qu’elle nous soit utile et que nous puissions éviter d’en subir les effets néfastes ou dangereux. Et cela n’a rien d’étonnant, car le terme grec d’Ethos a plusieurs significations et – à un accent près en grec ancien – s’il désigne les mœurs et le comportement, il peut également désigner l’habitation. Il me semble donc que l’éthique, vue sous cet angle, peut également se définir comme la recherche d’une méthode pour mieux habiter ce monde. Développer une réflexion éthique consiste finalement à cultiver notre disposition à habiter humainement ce monde et à faire en sorte qu’il ne devienne pas, en raison même de nos actions, totalement inhabitable, que ce soit sur le plan social ou écologique.

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La personne et les éthiques du care

Posted in Articles on décembre 6th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Résumé

Français

Dans la tradition occidentale, les hommes se sont longtemps perçus comme des exceptions à l’intérieur de la nature. Ils se sont définis comme des personnes, par opposition aux animaux et aux choses, en raison de caractéristiques qu’ils jugeaient chez eux essentielles. Néanmoins, il semble nécessaire aujourd’hui de remettre en question cette perception de l’homme et de sa condition. En effet, l’allongement de la durée de la vie et les pathologies qui l’accompagnent, les progrès de la médecine, nous invitent à penser autrement. Nous nous apercevons aujourd’hui que ces qualités que nous jugions inhérentes à la personne – conscience, raison, mémoire, libre arbitre – peuvent disparaître. Devons-nous en conclure que ceux qui voient ces aptitudes diminuer ou disparaître, sont moins des personnes que d’autres, voire ne sont plus des personnes ?
Cette remise en question conduit à une nouvelle approche de la personne. Celle-ci ne serait plus définie en termes substantiels, mais de manière relationnelle. Être une personne, n’est-ce pas d’abord être par l’autre et pour l’autre ? Les éthiques du care, qui définissent les hommes comme des êtres vulnérables, c’est-à-dire dépendants et ayant besoin de la sollicitude de leurs semblables, n’offrent-elles pas la possibilité de construire un nouveau concept « revisité » de la personne ?

Mots-clés

  • personne
  • éthiques du care
  • vulnérabilité
  • dignité
  • altérité

English

The person and the ethics of careIn our western world, it has long been thought that humans are exceptions within nature. They have defined themselves as human beings as opposed to animals and things, on account of characteristics that they regarded as essential. However it now seems necessary to question this perception of humanity and the human condition.
Indeed, longer life expectancy together with its related pathologies and medical progress lead us to think differently. Today we realise that those qualities which were thought to belong specifically to human beings, such as awareness, reason, memory and free will, can disappear. Should we conclude then that those whose capacities have decreased or disappeared have become less human or have even lost all human qualities?
Such questioning leads to new ways of describing humans whereby they would be defined not in substantial but rather in interpersonal terms.
Surely being a person means first and foremost that we live through and for others. And the ethics of care that define men as vulnerable beings, that is to say dependent and needing their fellow human beings’ solicitude, would surely offer the possibility of creating a new ‘revisited’ concept of the person?

Keywords

  • person
  • care ethics
  • vulnerability
  • dignity
  • alterity

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QU’EST-CE QUE L’IDEE D’UN CORPS MALADE ?

Posted in Articles on décembre 1st, 2017 by admin – Commentaires fermés

Le sujet de ma communication d’aujourd’hui va porter sur ce qui a été, en un certain sens, le fil directeur d’un travail de recherche que j’ai entamé, il y aura bientôt dix ans et dont l’objectif était de recourir à la philosophie de Spinoza pour penser l’éthique médicale contemporaine et plus particulièrement pour tenter de proposer aux malades et aux soignants une approche de la maladie qui puisse permettre aux premiers de mieux vivre et de mieux affronter ce qui vient bouleverser l’existence de manière parfois cataclysmique et pour les seconds de mieux accompagner les patients dont ils ont la charge. Ce travail m’a permis de soutenir ma thèse de doctorat en mars 2010, thèse qui a donné lieu à un livre intitulé : De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale[1].

Ce qui m’a conduit à choisir Spinoza pour résoudre les problèmes auxquels j’ai pu être confronté pour traiter cette question, c’est, au-delà de la sympathie intellectuelle que j’entretiens avec ce philosophe, la conception qu’il développe des rapports entre le corps et l’esprit. Si tant est que l’on puisse parler de rapport, étant donné que le corps et l’esprit ne sont pas perçus dans la pensée de Spinoza comme deux choses distinctes, mais comme une seule et même chose perçue de deux manières différentes. En effet, Spinoza définit l’esprit comme « idée du corps », ce qui explique le titre de cette intervention : « Qu’est-ce que l’idée d’un corps malade ? ».

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[1] Éric Delassus, De l’Éthique de Spinoza à l’éthique médicale, Presses Universitaires de Rennes, 2001.

 

Parler de sa propre voix : être acteur de sa maladie à l’enfance et l’adolescence

Posted in Articles on novembre 19th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Conférence donnée lors de la journée de la Société Française de Psychiatrie de l’Enfant et de l’Adolescent du 17 novembre 2017 « De l’adhésion aux soins chez l’enfant et l’adolescent : entre refus et consentement »

La question du consentement est aujourd’hui au cœur d’un bon nombre de problématiques liées à l’éthique médicale, surtout depuis la loi de 2002 sur le droit des patients qui s’appuient sur la nécessité de respecter l’autonomie du patient et de ne lui administrer un soin ou un traitement qu’après avoir obtenu son consentement éclairé. La loi suppose donc un patient autonome toujours susceptible d’entendre le discours médical et de donner ou non son accord après avoir été informé des conséquences des traitements qui lui sont proposés, ainsi que des conséquences que pourrait entraîner un refus de traitement. Cette obligation pour le soignant est ainsi formulée dans la loi à l’article L. 1111-4 :

Toute personne prend, avec le professionnel de santé et compte tenu des informations et des préconisations qu’il lui fournit, les décisions concernant sa santé. Le médecin doit respecter la volonté de la personne après l’avoir informée des conséquences de ses choix. Si la volonté de la personne de refuser ou d’interrompre un traitement met sa vie en danger, le médecin doit tout mettre en œuvre pour la convaincre d’accepter les soins indispensables. Aucun acte médical ni aucun traitement ne peut être pratiqué sans le consentement libre et éclairé de la personne et ce consentement peut être retiré à tout moment. Lorsque la personne est hors d’état d’exprimer sa volonté, aucune intervention ou investigation ne peut être réalisée, sauf urgence ou impossibilité, sans que la personne de confiance prévue à l’article L. 1111- 6, ou la famille, ou à défaut, un de ses proches ait été consulté.

Pour ce qui concerne les mineurs, c’est-à-dire la population qui concerne notre sujet, la loi considère que ces derniers sont sous la responsabilité des parents ou des tuteurs légaux, mais elle ajoute néanmoins une obligation pour le médecin de rechercher le consentement de l’enfant ou de l’adolescent lorsque ce dernier est en capacité de l’exprimer :

Le consentement du mineur ou du majeur sous tutelle doit être systématiquement recherché s’il est apte à exprimer sa volonté et à participer à la décision.

La présence de la notion de consentement dans une loi sur le droit des patients a pour but de mettre fin à des années de paternalisme médical durant lesquelles le malade était considéré, parce que malade – qu’il s’agisse d’une pathologie organique ou mentale – comme un être mineur incapable de prendre pour lui-même les décisions qui s’imposent.

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Le soin ou l’éthique en acte

Posted in Articles on octobre 6th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Conférence donnée le 06 octobre 2017 06 octobre 2017 au centre psychiatrique du Bois de BONDY.

Lorsque j’ai commencé à réfléchir sur ce que j’allais dire durant cette conférence, j’ai d’abord pensé à parler de la dimension éthique du soin, c’était d’ailleurs, initialement, le titre que je pensais donner à mon intervention. Cependant, ce choix ne me satisfaisait qu’à moitié. Parler d’une dimension éthique du soin, cela laisse entendre que cette dimension n’est qu’un aspect du soin, qu’un élément parmi d’autres d’un tout qui contiendrait d’autres composants qui se situeraient au même niveau. Or, s’il est vrai qu’il y a, par exemple, une dimension technique du soin, qui est essentielle, il n’est pas certain que l’éthique relève d’une dimension de même nature. Ne serait-ce que parce qu’on ne peut séparer cette « dimension » éthique du soin des autres déclinaisons qui le concerne. Peut-on imaginer un soin purement technique ou purement social dans lequel serait occulté toute forme d’éthique ? Serait-ce encore du soin ?

Aussi, après avoir remis en question cette première approche, me suis-je dit qu’il serait peut-être plus pertinent et plus judicieux de parler de l’éthique du soin. Mais, cet intitulé ne me satisfaisait pas plus que le premier.

D’une part parce que parler d’une éthique du soin, comme parler d’une éthique des affaires ou d’une éthique du sport, ou de l’éthique de n’importe quel autre domaine de l’activité humaine, pourrait laisser croire que chacun de ces domaines possède son éthique propre qui serait distincte et séparée d’éthiques qui seraient spécifiques à d’autres formes d’activités. Or, une telle conception des choses ne peut que nous conduire à des contradictions insurmontables, voire à nous rendre « schizophrène », dans la mesure où elle nous conduirait à respecter certains principes ou certaines valeurs dans un domaine, mais pas dans un autre. Il me semble donc plus raisonnable de considérer qu’il n’y a qu’une seule et unique éthique et que celle-ci se décline de différentes façons, selon les domaines dans lesquels elle s’applique.

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Philippe Merlier Normes et valeurs en travail social, Séli Arslan, 2016, lu par Eric Delassus

Posted in Articles on septembre 15th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Comment normer sans normaliser ? Telle est la problématique que traite P. Merlier dans ce livre qui se veut une réflexion philosophique sur le travail social. En s’inspirant, entre autres, des travaux de G. Canguilhem dont il déplace les conclusions sur le champ social, P. Merlier s’efforce de penser l’accompagnement social comme la démarche par laquelle l’usager est soutenu dans un parcours au cours duquel il parvient à mieux s’intégrer socialement tout en définissant lui-même ses propres normes de vie.

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Coopérer pour (se) soigner

Posted in Articles on juin 30th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Éric Delassus

Conférence donnée le 30 juin 2017 lors d’une rencontre organisée par l’association OPPELIA (http://www.oppelia.fr).

« À l’homme rien de plus utile qu’un autre homme », cette formule de Spinoza est certainement celle qui s’accorde le mieux avec le titre du propos que je vais tenir aujourd’hui devant vous. En effet, coopérer signifie au sens littéral « œuvre ensemble », produire ensemble quelque chose. Il y a donc dans l’idée de coopération l’idée d’entraide et de dépendance mutuelle, l’idée d’une utilité réciproque. Le sens du terme coopération me semble d’ailleurs plus riche que celui de collaboration. Collaborer signifie travailler ensemble, partager un labeur dont le sens n’est déterminé que par le résultat de l’action que l’on accomplit, en revanche coopérer, c’est œuvrer ensemble, en d’autres termes produire ensemble une œuvre. Il me semble que pour préciser le sens de cette distinction, il est possible de faire référence à la distinction à laquelle procède Hannah Arendt entre le travail et l’œuvre. Le travail désigne l’activité par laquelle nous produisons les biens nécessaires à notre survie aussi bien en tant qu’individu, qu’en tant qu’espèce. En revanche, l’œuvre désigne la production d’un environnement proprement humain. Or, me semble-t-il, ce que nous produisons lorsque nous coopérons, ce n’est pas simplement un bien ou un service qui va rentrer d’une manière ou d’une autre dans le réseau des échanges, ce que nous produisons par la coopération, c’est également un certain type de lien proprement humain qui s’établit dans cette utilité réciproque à laquelle j’ai fait référence au début de mon propos.

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Temporalité et altérité : Temps et travail en milieu hospitalier.

Posted in Articles on mars 12th, 2017 by admin – Commentaires fermés

Comment rendre compatible la temporalité managériale, celle des soignants et celle des patients ? Comment intégrer dans chacune d’elle la temporalité de l’autre ? Peut-être en prenant conscience qu’elles sont le signe de notre profonde vulnérabilité ?

Temporality and alterity: time and work in a hospital setting

How to make managerial temporality compatible with the temporality of caregivers and patients? How to integrate in each of them the temporality of the other? Perhaps realizing that they are a sign of our deep vulnerability?

Plan de l’article

Si le temps est, c’est qu’il tend à n’être plus

Temps et temporalité

Le choc des temporalités

Conclusion

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Émergence de nouvelles pratiques managériales et vulnérabilité

Posted in Articles on octobre 1st, 2016 by admin – Commentaires fermés

Émergence de nouvelles pratiques managériales et vulnérabilité

http://www.managementinternational.ca/catalog/emergence-de-nouvelles-pratiques-manageriales-et-vulnerabilite.html

RÉSUMÉ: La notion de vulnérabilité issue des éthiques du care, pourrait-elle trouver sa place dans une refondation de la pensée managériale ? Les nouvelles formes d’organisation du travail, qui valorisent plus les relations entre les personnes que les performances individuelles, pourraient intégrer cette notion pour faire émerger un management humaniste favorisant la confiance et la sollicitude. Une culture de la responsabilité remettant en cause une vision gestionnaire des relations humaines et prenant en compte de la singularité de chacun verrait alors le jour. L’autorité du manager, plus compréhensive envers autrui et soucieuse de le faire progresser,
y trouverait une nouvelle légitimité.

Mots clés : Vulnérabilité, care, personne, travail collaboratif, nouvelles pratiques managériales

 

Emergence of New Managerial Practices and Vulnerability

ABSTRACT: Could the notion of vulnerability, which comes from care ethics, find its place in the refounding of managerial thinking? From new forms of work organisation that value relationships between persons rather than individual performance through the integration of this notion, there might emerge a humanist management promoting confidence and solicitude. A responsible approach challenging a managemental vision of human relationships and considering each person’s singularity would result. The authority of the manager would thus find a new legitimacy through him or her showing more understanding and concern, enabling staff to progress.

Keywords: Vulnerability, care, person, teamwork, new managerial practices

 

Nacimiento de nuevas prácticas de liderazgo y vulnerabilidad

RESUMEN: La noción de vulnerabilidad surge de las éticas de los principios corporativos, ¿Podría encontrar su estabilidad en una reconstrucción de los fundamentos del liderazgo? Las nuevas formas de organización laboral valorizan más las relaciones entre los individuos que sus logros personales; esta noción emergente podría integrar un liderazgo humanista que estimula la confianza y la colaboración. Una cultura de responsabilidad que reevalúa su visión funcional sobre las relaciones humanas y que considera la singularidad de cada individuo, emergerá entonces algún día. Los dirigentes que se enfocan en un liderazgo más comprensivo de los demás y que se interesan en su evolución y su progreso encontrarán en ella una legitimidad.

Palabras clave: Vulnerabilidad, atención, persona, trabajo en equipo, nuevas prácticas liderales

Télécharges l’intégralité de l’article sur le site de la revue Management internationalehttp://www.managementinternational.ca/catalog/emergence-de-nouvelles-pratiques-manageriales-et-vulnerabilite.html

 

La personne – De l’individu à la personne

Posted in Articles on juin 4th, 2016 by admin – Commentaires fermés

La personne

De l’individu à la personne

Si la naissance de l’individu moderne a joué un rôle émancipateur indiscutable en libérant l’homme des pesanteurs sociales et communautaires auxquelles il était soumis jusque-là, il est temps aujourd’hui de dépasser l’individualisme pour se protéger des dérives auxquelles il pourrait conduire dans le contexte contemporain. Réduit essentiellement à sa dimension économique, à son statut d’homo oeconomicus, l’individu contemporain pourrait se laisser tenter par le repli sur soi et par un égoïsme mortifère négligeant toute forme de respect pour la personne humaine.

Par conséquent, la nécessité ne s’impose-t-elle pas à nous, pour sortir des impasses vers lesquelles nous pourrions être entraînés, d’interroger et de revisiter le concept de personne, en insistant principalement sur sa dimension relationnelle ?

Site de l’éditeur : http://librairie.studyrama.com/produit/3732/9782749535401/La%20personne%20

Éthique de la recherche et recherche de l’éthique

Posted in Articles on avril 11th, 2016 by admin – Commentaires fermés

Conférence prononcée à Nancy le 31 mars 2016 lors Colloque Interrégional de Recherche Paramédical : « Osons la recherche »

 

Résumé

La question de la recherche dans les domaines médicaux et paramédicaux se pose d’une manière tout à fait singulière dans la mesure où les disciplines qui s’y rattachent se situent toutes au croisement de plusieurs autres. Bien que s’appuyant sur un savoir scientifique, elles ne sont pas des sciences à proprement parler. Leur objectif n’est pas de connaître, mais d’agir. Elles relèvent de ce que les Grecs appelaient la technè. Il s’agit de produire la santé.

Certes, elles ont à voir avec la science. Depuis Hippocrate et la naissance de la médecine rationnelle, la connaissance des causes des maladies permet au médecin, et plus largement à tout soignant, de trouver les remèdes permettant de les traiter et de contribuer, dans la mesure du possible, à la guérison du malade.

Cependant, les dimension scientifiques et techniques des disciplines médicales et paramédicales ne concernent que les moyens qu’elles mettent en œuvre et non les fins qu’elles poursuivent. Peut-on, en effet, considérer la maladie et la santé comme des concepts scientifiques ? N’ont-ils pas aussi une dimension éthique ? Être malade, c’est, avant tout, voir diminuer sa puissance d’agir et devoir adopter un ethos, un comportement, une manière de vivre différente. La maladie et la santé relèvent d’abord d’un vécu et manifestent une dimension essentiellement subjective. C’est pourquoi à l’ethos du malade doit répondre celui du médecin ou du soignant.

Parce que le cure et le care sont au carrefour de la science, de la technique et de l’éthique, la recherche en la matière ne peut se limiter à une approche uniquement quantitative et prétendument objective. Il est donc nécessaire de développer une éthique de la recherche afin d’en définir plus précisément les objectifs. Mais cette éthique de la recherche est indissociable d’une recherche de l’éthique, c’est-à-dire d’une réflexion s’interrogeant sur les principes mêmes des arts médicaux et paramédicaux.

Accéder au texte de la conférence

Le retour de l’histoire

Posted in Articles on avril 11th, 2016 by admin – Commentaires fermés
Ce que les phénomènes et les événements politiques et économiques contemporains nous apprennent, c’est que, contrairement à ce que les grandes idéologies nous avaient laissé croire, l’histoire n’est pas là de finir. L’histoire n’en a pas fini de finir et, si elle se termine un jour, ce sera probablement plus sur le mode de la catastrophe que sous la forme de lendemains qui chantent.

Le scandale du refus de soin

Posted in Articles on juin 20th, 2015 by admin – Commentaires fermés

Communication prononcée lors de l’Université d’Été de la Société Francophone de Dialyse
Pourquoi parler du scandale du refus de soin ou de traitement ? Si l’on recherche l’étymologie du terme même de « scandale », il renvoie à l’idée d’obstacle, le scandale – du grec skandalon qui a donné le latin scandalum – désigne littéralement ce qui fait trébucher. Autrement dit, le scandale, c’est non seulement ce qui s’oppose à la poursuite d’une trajectoire donnée, mais c’est aussi ce qui fait choir celui qui a choisi de suivre cette direction. La question que l’on est alors en droit de se poser est ici celle de savoir qui est victime d’une chute dans cette affaire, est-ce le malade qui met sa vie en danger, ou est-ce le soignant qui ne peut aller au bout de ce qu’il estime être sa mission ?

Penser la santé au-delà des normes

Posted in Articles on avril 19th, 2015 by admin – Commentaires fermés

Lorsque l’on s’interroge sur la question du rapport entre santé et maladie, on est facilement tenté de placer la santé du côté de la norme et la maladie du côté de son contraire : l’anormal ou le pathologique. Envisagée ainsi, la santé apparaît comme un état d’équilibre, stable et quasi-parfait qui se trouverait altéré dès que le corps est affecté par une pathologie quelconque. La santé serait, en un certain sens, la réalisation de l’essence même de ce que doit être un organisme fonctionnant pour le mieux, et la maladie une sorte de corruption de cet état. Cependant, dès qu’on regarde la question d’un peu plus près, on s’aperçoit très vite que les choses ne sont pas si simples et que la santé des uns n’est pas celle des autres, qu’elle ne consiste pas nécessairement dans l’absence de maladie, qu’il est des malades dont la santé nous étonne et à l’inverse des individus apparemment atteints d’aucune pathologie particulière et qui pourtant donnent toujours l’impression d’être maladifs et de santé précaire.
S’il en va ainsi, c’est peut-être parce que la maladie et la santé ne se réduisent pas à des données objectives, mais se manifestent d’abord comme des expériences qui sont de l’ordre du vécu.

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LE RAPPORT ENTRE NARRATION ET PERCEPTION DU CORPS PAR LE MALADE

Posted in Articles on décembre 1st, 2014 by admin – Commentaires fermés

Résumé : Si l’on considère avec Spinoza que l’esprit est « l’idée d’un corps en acte », l’une des questions que l’on peut se poser lorsque l’on essaie d’aborder la question du vécu de la maladie est celle de savoir si l’idée d’un corps malade peut être une idée adéquate, c’est-à-dire une idée suffisamment cohérente pour permettre au malade de vivre sa maladie avec une certaine équanimité tout en disposant de la puissance nécessaire pour participer activement aux soins et aux traitements qu’il aura à subir. Dans la mesure où cette conception de l’esprit repose sur la thèse selon laquelle corps et esprit ne participent pas de deux substances distinctes, mais sont plutôt deux expressions distinctes d’une seule et même chose, il ne peut y avoir d’action de l’un sur l’autre, il est donc tout à fait concevable de penser l’idée adéquate d’un corps malade. Dans la mesure où la maladie est une manière, certes, qui ne lui convient pas, pour l’homme d’être uni à la nature, celui qui comprend en quoi consiste cette union sera en mesure d’appréhender la maladie avec une plus grande sagesse. Cependant, cela ne semble être possible que pour celui qui parvient à ce que Spinoza appelle « connaissance du troisième genre », c’est-à-dire connaissance intuitive des choses singulières et de leur union à Dieu. Le problème est donc ici de savoir comment permettre à l’ignorant – c’est-à-dire pour Spinoza au non-philosophe – de parvenir à un vécu de la maladie qui soit en mesure d’évacuer autant qu’il est possible les passions tristes. La connaissance du second genre, la raison telle qu’elle est à l’œuvre dans les sciences ne pouvant suffire du fait de sa trop grande abstraction, il ne reste plus qu’à recourir à la connaissance du premier genre qui est la connaissance imaginative, celle qui présente le défaut d’être à l’origine de nos préjugés et de nos opinions. C’est ici qu’intervient la puissance de la narration, dans la mesure où cette connaissance porte essentiellement sur nos affects tout en ignorant leurs causes et parce que la maladie est généralement perçue comme une rupture dans le cours de l’existence, il est permis de penser qu’en invitant le malade à devenir l’auteur d’un récit de vie dans lequel il introduira sa maladie, on lui offrira la possibilité de reconstruire une représentation plus cohérente de son corps qu’il perçoit comme ne lui appartenant plus du fait de sa maladie. Reconfigurer ainsi l’idée du corps, n’est-ce pas donner au malade les moyens de progresser vers une plus grande santé de l’esprit, malgré la maladie.

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Sagesse de l’homme vulnérable

Posted in Articles on août 26th, 2014 by admin – Commentaires fermés

Vous pouvez désormais trouver la majeure partie de mes articles publiés dans un recueil en deux volumes aux éditions L’Harmattan.

LA PRÉCARITÉ DE LA VIE
Sagesse de l’homme vulnérable (Volume 1)
ISBN : 978-2-343-03871-1 • septembre 2014 • 146 page
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=44324&razSqlClone=1

LA QUÊTE DE LA SAGESSE
Sagesse de l’homme vulnérable (Volume 2)
ISBN : 978-2-336-30711-4 • septembre 2014 • 140 pages
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=44323&razSqlClone=1

Eric Delassus
PHILOSOPHIE

 

Les hommes sont dépendants de la nature toute entière et, par conséquent, ils sont dépendants les uns des autres. Cette dépendance n’est pas un signe de faiblesse. C’est elle qui, lorsqu’elle est bien ordonnée, empêche les hommes de devenir ennemis les uns des autres. Il faut donc à l’homme vulnérable une sagesse pour l’inviter à faire preuve d’autant de sollicitude qu’il est possible envers ses semblables. Que peut bien être la sagesse de l’homme vulnérable ?

 

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Pour une politique du care

Posted in Articles on janvier 23rd, 2014 by admin – Commentaires fermés

L’idée d’une « société du care » ne semble pas avoir reçu en France un accueil des plus favorables dans la mesure où elle a été comprise comme une tentative de mettre en place une politique d’assistanat essentiellement fondée sur des motifs d’ordre compassionnel et qui aurait pour conséquence d’entretenir la fragilité de ceux qui en seraient les bénéficiaires au lieu de les aider à développer leurs capacités.

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Puissance et vulnérabilité – Pour un « care » spinoziste

Posted in Articles on janvier 8th, 2014 by admin – Commentaires fermés

Il peut sembler non seulement anachronique, mais peut-être aussi incongru de vouloir comparer éthique spinoziste et éthique du care. Chacune ayant été élaborée dans des contextes très différents et relevant de traditions intellectuelles relativement étrangères l’une à l’autre, la légitimité d’un tel rapprochement ainsi que son intérêt demandent à être justifiés. D’un côté nous avons un rationalisme intégral, de l’autre une éthique qui semble plus enracinée dans les affects, cependant si l’on y regarde d’un peu plus près ces deux pensées ne sont peut-être pas si éloignées l’une de l’autre.

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Première rencontre philo-psy samedi 23 novembre 2013 à la faculté de médecine (pôle formation)

Posted in Articles on novembre 22nd, 2013 by admin – Commentaires fermés

Première rencontre philo-psy samedi 23 novembre 2013 à la faculté de médecine (pôle formation)

En quoi la philosophie peut-elle aider nos pratiques soignantes ?

 

L’ACIOS et l’EEHU ont le plaisir de vous inviter à la première rencontre philo-psy

 

La question du corps dans l’éthique de la vulnérabilité

Samedi 23 novembre 2013 de 9h à 13h, à Lille

Télécharger le programme de la rencontreTéléchargez le plan d’accès

Amphithéatre multimédiaPôle Formation de la Faculté de Médecine Henri Warembourg – Lille 2.

Inscription (gratuite) obligatoire (nombre de places limité) : merci de bien vouloir adresser un message àsylvie.vandoolaeghe[at]chru-lille.fr ou téléphoner au 03.20.62.34.43.

 

ACTUALITÉ DE SPINOZA – Les usages contemporains de sa pensée

Posted in Articles on novembre 4th, 2013 by admin – Commentaires fermés

ACTUALITÉ DE SPINOZA
Les usages contemporains de sa pensée

Les séances auront lieu
- au premier semestre : le mercredi de 19h à 21h, à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, en salle Halbwachs, escalier C, 1er étage droite, 17 rue de la Sorbonne, 75005 Paris
- au second semestre : le jeudi de 10h à 12h, à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, Centre Panthéon, salle 216, entrée 2 place du Panthéon ou rue Cujas, aile Cujas, 2ème étage

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La philosophie de Spinoza est souvent évoquée à l’appui des thèses contemporaines aussi bien dans les sciences « dures » que dans les sciences humaines et sociales. L’auteur de l’Ethique apparaît ainsi comme un modèle théorique en biologie et neurobiologie, dans les ouvrages de Jean-Pierre Changeux, d’Henri Atlan, ou d’Antonio Damasio. Il fait figure de référence dans les sciences économiques et sociales, comme en témoignent les travaux d’André Orléan et Frédéric Lordon sur la monnaie et l’intérêt souverain. Il alimente la réflexion politique autour du concept de multitude central chez Antonio Negri ou du concept de trans-individuel forgé par Etienne Balibar. Ce n’est pas simplement la vision spinoziste du corps biologique ou politique qui nourrit les débats, c’est également sa conception de l’esprit, de la conscience et de l’inconscient qui retient l’attention des psychologues et des psychanalystes, ainsi que le montre le dernier ouvrage de José Attal sur Spinoza et Lacan.
Indépendamment des filiations superficielles et éphémères, il faut noter que l’intérêt perdure et produit des effets spéculatifs. Il s’agit donc de comprendre en quoi la philosophie de Spinoza reste un modèle pour les contemporains et fournit des concepts opératoires pour appréhender des champs de pensée aussi différents.
L’objectif du séminaire consistera donc à étudier les usages contemporains de la pensée de Spinoza.

PROGRAMME DU SÉMINAIRE SPINOZA
pour l’ année 2013-2014