André Pessel, Dans l’Éthique de Spinoza, Paris, Klincksieck, 2018, lu par Eric Delassus.

Lire l’Éthique ne laisse pas indemne le lecteur qui accomplit cette tâche avec sérieux. En effet, ce livre est riche en effets de texte, comme le souligne André Pessel dans son livre : Dans l’Éthique de Spinoza. L’intérêt de cet ouvrage tient en ce qu’il ne propose pas un commentaire sur l’ÉthiqueSpinoza, mais qu’il montre en quoi la lecture de ce livre produit son lecteur et le transforme en lui faisant comprendre par son contenu ontologique qu’il y est aussi question de lui-même en tant qu’il s’intègre dans son sujet même. Aussi, si l’Éthique est un ouvrage d’une puissance considérable, c’est parce qu’elle affecte son lecteur au point de l’orienter vers un changement de vie complet. Ce changement n’est pas le fruit de l’observation de règles, comme le proposaient les morales antiques, mais la conséquence de la compréhension par le lecteur de la manière dont il intègre la substance et l’exprime. Aussi, ce livre nous invite-t-il à nous immerger dans l’Éthique, et non à gloser sur l’Éthique, pour nous y retrouver et voir ainsi notre vie modifiée par ce nouveau rapport à soi qui exclut tout recours à un sujet auteur de sa pensée. « L’homme pense » n’est pas un « je pense », il est l’expression d’une pensée qui se construit en lui.

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